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Le blog · Armoires & TGBT

Le guide : à quoi sert la thermographie d'une armoire électrique ?

Une caméra thermique, une armoire sous charge, et les défauts qui chauffent apparaissent avant de devenir une panne. Ce qu’elle détecte, comment se lit le résultat et quand la programmer.

Coffret de distribution électrique avec prises CEE rouges, le type d’équipement contrôlé par thermographie

L’essentiel en 30 secondes

En bref, ce qu’il faut retenir.

La thermographie d’une armoire électrique consiste à la filmer avec une caméra thermique pendant qu’elle fonctionne, pour repérer les points chauds sans rien démonter ni couper. Une connexion desserrée, un circuit surchargé, une phase plus chargée que les autres ou un appareil fatigué chauffent bien avant de tomber en panne : la caméra les rend visibles tôt. Le défaut se corrige alors à froid, au moment choisi, au lieu de tout couper au pire moment ou de déclencher un départ de feu. Elle fait partie de l’entretien d’un TGBT, avec le nettoyage de l’armoire et le resserrage des connexions, et concerne surtout les locaux professionnels, commerces et copropriétés.

01 · Comprendre

Le principe : voir la chaleur.

Tout objet émet un rayonnement infrarouge, invisible à l’œil nu, d’autant plus fort qu’il est chaud. Une caméra thermique capte ce rayonnement et le traduit en image : les zones froides apparaissent dans des teintes sombres, les zones chaudes dans des teintes vives. Pointée sur une armoire électrique ouverte, elle dessine en quelques secondes la carte des températures de chaque borne, chaque disjoncteur, chaque câble.

L’intérêt pour une installation électrique tient en une idée simple : un défaut électrique produit presque toujours de la chaleur avant de produire une panne. Quand le courant passe par une connexion mal serrée ou par un appareil en fin de vie, il rencontre une résistance anormale, et cette résistance se transforme en échauffement. Ce phénomène peut durer des semaines, voire des mois, sans le moindre symptôme visible.

La thermographie permet donc de voir ce qu’aucun contrôle visuel ne montre. Une borne peut sembler parfaitement normale à l’œil, rester à sa place, ne présenter aucune trace : à la caméra, elle ressort comme une tache vive au milieu de ses voisines tièdes. C’est ce décalage qui fait de la caméra thermique l’outil de prévention par excellence des armoires et des TGBT.

Autre atout : la mesure se fait à distance, sans contact. L’électricien n’a pas besoin de toucher les éléments sous tension pour connaître leur température, ce qui permet d’examiner une armoire entière en fonctionnement, en toute sécurité.

Baie technique ouverte aux câbles serrés et étiquetés, où la chaleur s’accumule faute de ventilation

02 · L’origine du problème

Pourquoi une armoire se met à chauffer.

Une armoire électrique travaille en permanence. Chaque jour, les appareils démarrent et s’arrêtent, les câbles se dilatent en chauffant puis se rétractent en refroidissant. Ces cycles répétés finissent par desserrer les connexions, très lentement, un quart de tour après l’autre. Une borne qui se desserre avec le temps finit par chauffer : c’est le scénario le plus courant, et le plus sournois.

La poussière joue aussi son rôle. Elle s’accumule dans une armoire au fil des mois, se dépose sur les appareils et dans les grilles d’aération, et gêne leur refroidissement. Dans un atelier, un local technique de commerce ou un garage de copropriété, cette couche se forme plus vite qu’on ne le pense.

Enfin, l’usage évolue. Une armoire dimensionnée pour un local à son ouverture se voit ajouter une climatisation, une chambre froide, de nouvelles machines, des bornes de recharge. Chaque ajout pèse sur les circuits existants. Certains départs se retrouvent chargés au-delà de ce qui avait été prévu, et leurs câbles comme leurs protections montent en température.

Dans le Var, la chaleur estivale s’ajoute à tout cela : un local technique peu ventilé en plein mois de juillet laisse moins de marge aux appareils pour évacuer leur propre chaleur.

03 · Les défauts repérés

Ce que la caméra rend visible.

La caméra thermique ne voit pas un « défaut » en tant que tel : elle voit une température. C’est l’électricien qui interprète l’image, en comparant chaque élément à ses voisins et à ce qu’il devrait être. Quatre grandes familles de problèmes ressortent régulièrement lors d’une thermographie.

Chacune a sa signature : un point chaud très localisé sur une borne, un échauffement étalé le long d’un câble, une différence nette entre trois phases censées être semblables, un appareil plus chaud que ses jumeaux montés à côté de lui.

  • Connexion desserrée

    Une borne qui se desserre avec le temps offre plus de résistance au courant : elle chauffe, souvent bien avant de lâcher.

  • Circuit surchargé

    Un départ qui alimente plus d’appareils que prévu chauffe sur toute sa longueur, câble et protection compris.

  • Phases déséquilibrées

    En triphasé, une phase plus chargée que les deux autres se repère d’un coup d’œil : elle ressort plus chaude à l’image.

  • Appareil fatigué

    Un disjoncteur, un contacteur ou un bornier vieillissant chauffe anormalement alors que ses voisins restent tièdes.

La connexion desserrée est de loin le cas le plus fréquent, et le plus utile à repérer : c’est celui qui peut évoluer d’une simple tiédeur à une borne carbonisée. Le déséquilibre de phases, lui, ne présente pas de danger immédiat, mais il signale une répartition des charges à revoir, qui fatigue inutilement une partie de l’armoire. Pour les défauts qui ne chauffent pas, comme un isolement dégradé qui fait déclencher un différentiel, d’autres méthodes prennent le relais : c’est le travail de la recherche de panne.

04 · Sous charge

Un contrôle sans rien couper.

C’est l’un des grands avantages de la thermographie, et c’est aussi une condition de son efficacité : elle se pratique installation en marche. Un défaut ne chauffe que lorsque le courant le traverse. Une armoire hors tension est froide partout, et la caméra n’y verrait rien. Il faut au contraire que les circuits soient sollicités, idéalement à un niveau proche de leur usage normal.

Pour un commerce, un restaurant, un atelier ou des bureaux, cela change tout. Le contrôle ne demande ni fermeture, ni coupure programmée, ni redémarrage des machines. Les chambres froides continuent de tourner, la caisse reste allumée, les ordinateurs ne s’éteignent pas. L’activité continue pendant que l’électricien passe la caméra devant chaque rangée d’appareils.

Le choix du moment compte. Un défaut se voit d’autant mieux que la charge est forte : contrôler une armoire de restaurant en plein service, ou celle d’un atelier quand les machines tournent, donne une image plus parlante qu’un passage un matin de fermeture. C’est pourquoi la visite préalable sert aussi à comprendre à quels moments l’installation travaille le plus.

Seules les éventuelles corrections, elles, se font hors tension. Mais elles sont planifiées, ciblées et courtes, puisque la caméra a déjà indiqué exactement où intervenir.

Onduleur-chargeur et distributeur Victron Lynx installés en local technique, équipements contrôlés en fonctionnement

05 · L’interprétation

Lire un thermogramme, c’est comparer.

L’image produite par la caméra s’appelle un thermogramme. Avec ses couleurs vives, elle impressionne, mais une zone colorée n’est pas forcément un problème. Un disjoncteur qui alimente un gros appareil est normalement plus chaud qu’un disjoncteur d’éclairage ; un câble chargé est plus tiède qu’un câble au repos. Tout l’art consiste à séparer la chaleur normale de la chaleur anormale.

Pour cela, l’électricien raisonne par comparaison. Trois bornes d’un même appareil triphasé doivent présenter des températures proches ; si l’une ressort nettement plus chaude, c’est elle qu’il faut examiner. Deux disjoncteurs identiques alimentant des circuits similaires doivent se ressembler à l’image. Un point chaud très localisé, à la jonction d’un câble et d’une borne, évoque une connexion ; un échauffement réparti sur toute la longueur d’un câble évoque plutôt une surcharge.

L’écart de température avec les éléments comparables guide ensuite l’urgence. Un léger écart se note et se surveille ; un écart marqué se corrige rapidement ; un écart important impose d’agir sans attendre. C’est cette hiérarchie qui rend le rapport utile : il ne se contente pas de montrer des images, il dit par quoi commencer.

  • Point chaud localisé

    À la jonction câble-borne : une connexion desserrée ou oxydée, le cas le plus courant.

  • Câble chaud sur sa longueur

    Un circuit qui transporte plus de courant qu’il ne le devrait : la charge est à revoir.

  • Une phase sur trois

    Une phase nettement plus chaude que les autres : la répartition des appareils est déséquilibrée.

  • Un appareil isolé

    Plus chaud que ses voisins identiques : un disjoncteur ou un contacteur en fin de vie.

Câble triphasé noir enroulé aux fiches CEE rouges, matériel de distribution d’armoire électrique

06 · La méthode

Le déroulé d’une thermographie.

Une thermographie prend tout son sens dans le cadre de l’entretien complet de l’armoire. Chez ADF ELEC, l’entretien d’un TGBT associe le nettoyage, resserrage et thermographie de l’ensemble : chaque geste prépare le suivant.

  1. 01

    La visite

    L’armoire est vue sur place : son rôle, ce qu’elle alimente, les moments où elle est la plus sollicitée.

  2. 02

    Le nettoyage

    La poussière qui s’accumule dans une armoire gêne le refroidissement des appareils : elle est retirée.

  3. 03

    Le resserrage

    Les connexions sont resserrées, car une borne qui se desserre finit toujours par chauffer.

  4. 04

    La caméra

    L’ensemble est passé à la caméra thermique, sous charge, pour repérer le moindre point chaud.

Pourquoi passer la caméra après le resserrage ? Parce qu’elle sert alors de contre-épreuve : elle vérifie que rien ne chauffe plus une fois l’armoire propre et resserrée, et signale ce qui relève d’autre chose qu’une simple borne, comme un appareil fatigué ou un circuit trop chargé.

07 · Passer à l’action

Après la caméra : corriger à froid.

Un point chaud repéré tôt se corrige à froid ; laissé de côté, il peut tout couper au pire moment. Toute la valeur de la thermographie est là : transformer une panne subie en intervention choisie.

  • Connexion reprise

    La borne en cause est déconnectée, nettoyée si besoin, puis resserrée ou refaite.

  • Appareil remplacé

    Un disjoncteur ou un contacteur fatigué est remplacé par du matériel Schneider Electric ou Legrand.

  • Charges réparties

    Les circuits trop chargés sont soulagés, les phases rééquilibrées entre elles.

  • Nouveau contrôle

    Un passage de caméra après correction confirme que la zone est revenue à la normale.

Dans la plupart des cas, la correction tient en peu de chose : une connexion resserrée, une borne refaite. Ce sont des interventions courtes, réalisables lors d’une coupure planifiée en dehors des heures d’activité. Ce qui coûte cher, ce n’est pas la réparation elle-même, c’est la panne qu’elle évite : une armoire qui tombe en plein service, une chambre froide qui s’arrête un vendredi soir, une production interrompue.

Conservez les images et le compte rendu d’une année sur l’autre. Comparer deux thermographies successives d’une même armoire montre si une zone a tendance à se réchauffer, et permet d’anticiper encore mieux.

Groupe électrogène insonorisé ADF ELEC 83 avec son panneau de commande, installation de puissance sous charge

08 · Pour qui

Quelles installations en ont besoin.

La thermographie s’adresse en priorité aux installations qui travaillent fort et longtemps. Le premier concerné est le TGBT, le tableau général basse tension : l’armoire qui reçoit le courant et le distribue à tous les circuits d’un bâtiment professionnel, d’un commerce, de bureaux ou d’une copropriété. C’est le cœur électrique des locaux, et une panne à ce niveau arrête tout.

Viennent ensuite les armoires secondaires des ateliers, où moteurs et machines sollicitent fortement les circuits, les locaux techniques des commerces alimentaires et des restaurants, avec leurs chambres froides et leurs équipements de cuisson, ou encore les parties communes des copropriétés, qui alimentent ascenseur, éclairage, portail et, de plus en plus, des bornes de recharge.

Toute installation de puissance qui tourne sous forte charge peut en profiter : coffrets de distribution, installations solaires avec leurs onduleurs, équipements alimentés par groupe électrogène. Plus le courant est important, plus une petite résistance anormale produit de chaleur, et plus il est utile de la repérer tôt.

Pour une maison, la question se pose moins souvent : un tableau domestique est rarement chargé en continu. Mais un tableau qui chauffe, sent le plastique ou présente des traces brunes autour d’un disjoncteur mérite d’être examiné, avec ou sans caméra.

L’entretien des armoires et des TGBT

09 · Le bon rythme

À quelle fréquence la programmer.

Il n’existe pas de calendrier unique : la bonne fréquence dépend de l’intensité d’usage de l’armoire, de son âge et de son environnement. Une armoire très sollicitée, dans un local chaud ou poussiéreux, mérite un suivi plus rapproché qu’un tableau de bureaux peu chargé.

Certains assureurs demandent par ailleurs aux professionnels un contrôle thermographique périodique de leurs installations : renseignez-vous auprès du vôtre. Au-delà de ces cas, quatre moments reviennent souvent.

  • 01

    Armoire très sollicitée

    Atelier, commerce alimentaire, locaux qui tournent toute l’année : un contrôle régulier, au moins annuel.

  • 02

    Après des travaux

    Nouveau départ, nouvel équipement puissant, armoire modifiée : une vérification une fois l’ensemble en service.

  • 03

    Après un incident

    Odeur de chaud, disjoncteur qui déclenche sans raison claire : la caméra aide à localiser l’origine.

  • 04

    Avant la saison chargée

    Avant l’été dans le Var, quand la climatisation tire sur les circuits et que la chaleur ambiante monte.

Odeur de brûlé, armoire chaude au toucher, fumée : n’attendez pas de thermographie. Coupez si vous le pouvez sans danger, ne touchez à rien d’abîmé, et en cas d’incendie ou de personne électrisée, appelez d’abord le 18 ou le 112.

10 · Le bon usage

Ce que la thermographie ne fait pas.

La caméra thermique est un outil remarquable, mais elle a ses angles morts. Elle mesure la surface de ce qu’elle voit : une connexion cachée derrière un capot fermé, un câble encastré dans une gaine ou un appareil masqué par un autre lui échappent en partie. C’est pourquoi l’armoire est ouverte, dans le respect des règles de sécurité, pour que chaque rangée soit visible.

Elle ne détecte que ce qui chauffe. Un défaut d’isolement, une protection différentielle qui ne fonctionne plus, une mise à la terre dégradée ne se traduisent pas forcément par un échauffement. Ces points se contrôlent avec d’autres appareils de mesure, et relèvent d’une vérification plus large de l’installation.

Enfin, une image ne vaut que par son interprétation. Une surface brillante, comme un métal nu, peut fausser la lecture en reflétant la chaleur d’autre chose ; une armoire peu chargée le jour du contrôle peut masquer un défaut qui n’apparaît qu’à pleine charge. L’expérience de l’électricien fait la différence entre une jolie image colorée et un diagnostic utile.

Bien utilisée, en complément du nettoyage, du resserrage et des autres contrôles, la thermographie reste le moyen le plus simple de voir venir une panne d’armoire au lieu de la découvrir.

Rallonge industrielle noire enroulée avec prises CEE rouge et grise, connexions de puissance à surveiller

Vos questions sur la thermographie.

À quoi sert la thermographie d’une armoire électrique ?

Elle sert à repérer les points chauds d’une armoire ou d’un TGBT à l’aide d’une caméra thermique, sans rien démonter. Une connexion desserrée, un circuit surchargé ou un appareil fatigué chauffent avant de tomber en panne : la thermographie permet de les voir tôt et de les corriger à froid, avant qu’ils ne coupent tout ou ne présentent un risque d’incendie.

Faut-il couper le courant pendant une thermographie ?

Non, c’est même l’inverse : la mesure se fait sous charge, installation en fonctionnement, car un défaut ne chauffe que lorsque le courant le traverse. L’activité continue pendant le contrôle ; seules les éventuelles corrections se font ensuite, hors tension.

Qu’est-ce qu’un point chaud ?

Une zone de l’armoire nettement plus chaude que les éléments comparables autour d’elle : une borne, un disjoncteur ou un câble. Il signale en général une résistance anormale au passage du courant, le plus souvent une connexion desserrée ou oxydée, ou un circuit trop chargé.

La thermographie remplace-t-elle l’entretien de l’armoire ?

Non, elle le complète. L’entretien d’un TGBT associe le nettoyage de l’armoire, le resserrage des connexions et la thermographie de l’ensemble. La caméra vérifie que rien ne chauffe une fois l’armoire propre et resserrée, et signale ce qui doit être repris.

Que se passe-t-il si un point chaud est détecté ?

Le défaut est repris : connexion refaite ou resserrée, appareil fatigué remplacé, charge mieux répartie entre les circuits. Chez ADF ELEC 83, les pièces remplacées sont en Schneider Electric ou Legrand. Un nouveau passage de caméra permet ensuite de vérifier que la zone est revenue à la normale.

Intervenez-vous pour les professionnels et les copropriétés ?

Oui. L’entretien des armoires et des TGBT, thermographie comprise, s’adresse aux professionnels, commerces, bureaux et copropriétés, jusqu’à 100 km autour de Draguignan. Le devis est gratuit après une visite de l’installation.

Et si l’armoire tombe en panne avant le contrôle ?

Le dépannage fonctionne 24h/24 et 7j/7 pour les professionnels : recherche du défaut, isolement du circuit en cause, puis remise en service. Une thermographie après coup aide à vérifier que le reste de l’armoire n’est pas dans le même état.

Pour aller plus loin.

Disjoncteur qui saute, installation aux normes, puissance d’un groupe électrogène : retrouvez tous nos conseils électricité maison.

Le blog

Une armoire à contrôler ? Parlons-en.

Nettoyage, resserrage et thermographie : ADF ELEC entretient armoires et TGBT jusqu’à 100 km autour de Draguignan, avec un devis gratuit après la visite.